DHARANA (Ashtanga: les 8 membres du yoga - 6/8)
Dhāraṇā est le 6e Pilier du yoga, qu’on traduit par "concentration", mais la traduction littérale se rapproche plus de « qui garde, qui tient, qui protège ».

Cette 6e étape marque le point de départ vers la dimension mentale et psychique du yoga. Pantajali définit la concentration comme « la faculté de tenir l’esprit dirigé sur un espace ou un objet choisi. » (Chap.3, sutra 1). Ce point de concentration peut être un objet physique, une question, une sensation ou encore un concept métaphysique. La concentration en un point est l’étape pendant laquelle nous entrainons notre esprit. Cette étape est primordiale pour atteindre l’état de méditation (dhyāna) et la libération (samādhi).
Dhāraṇā peut être très éprouvant lorsqu'on est novice. En effet l’esprit à une tendance naturelle à divaguer, à sauter de pensée en pensée. De nos jours, qui reste dans une salle d’attente sans consulter son téléphone ou au moins un magazine? Les bruits, les odeurs, les gens qui parlent, nos propres pensées, tout nous attire et nous empêche de rester concentrer trop longtemps. Dhāraṇā est un processus qui demande de l’entrainement et de la résistance. De la même manière qu’il est difficile de tenir la planche plusieurs minutes lorsqu’on débute le sport, avec un entrainement régulier et de la ténacité, on arrivera petit à petit à tenir de plus en plus longtemps. Le corps se renforce de la même manière que le mental. Pour pratiquer dhāraṇā, il ne s’agit pas de rejeter ses pensées ou les distractions qui viennent à soi, ni d'être en oppositions. En revanche, dhāraṇā nécessite une certaine intention, un état de relâchement et de douceur. La concentration se fait avec patience jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de distinction entre celui qui se concentre (drashta) et l’objet de concentration (drishti).
C’est une expérience qu’on peut faire lorsqu’on se concentre sur sa respiration. Au départ on arrivera à se concentrer seulement quelques secondes, puis on se lassera, l’esprit divaguera. On se concentrera de nouveau, jusqu’à ce qu’on devienne sa propre respiration. La notion d’union (racine du mot yoga) prend ici alors tout son sens.



Commentaires